L’UPNR

 Nouvelle République, nouvelle Conscience !

Idées et Objectifs

Le 24 août 2007, après sa démission du Gouvernement, Maître Louis Gaston MAYILA et les militants de l’Union Pour la Nouvelle République, ont déposé les statuts de leur nouvelle formation politique, au Ministère de l’Intérieur pour sa légalisation.

24 août, 24 décembre, quatre mois que la loi donne au Ministère de l’intérieur pour légaliser un parti politique et lui délivrer un récépissé définitif. Les objectifs qui ne sont pas de nature à violer la loi, ne peuvent pas constituer une raison pour que le Ministère de l’Intérieur s’exonère de cette obligation.

 Dans un numéro spécial, le Président Fondateur de l’Union Pour la Nouvelle République, revient sur les raisons de la création de ce parti, sur sa philosophie, sur ces objectifs et sur les orientations qui éclairent tous ceux qui, un temps soit peu, s’intéressent à la vie politique de notre pays.

 « Nouvelle République, Nouvelle Conscience », c’est le titre de cet article, prémisse d’un projet de société.

 

 

« Je pars du principe que la volonté d’un homme peut changer le cours de l’histoire ».

 Ainsi parlait de Gaulle, lorsqu’il a senti la France perdre son âme et s’abîmer dans les profondeurs au cours du drame de la 2ème Guerre Mondiale. Vous me direz que le Gabon n’est pas la France et que le Gabon n’est pas en guerre. Il n’en demeure pas moins que le péril pour nous, pour la République et ses valeurs est aussi grand. Car, s’il n’y a pas un sursaut national, il ne reste plus à notre pays qu’à se coucher pour mourir.

 Voilà un peuple sans fil conducteur, sans volonté politique, qui vit dans un monde irréel ou tout n’est que fête, facilités, artifices, tromperie et libertés prises avec la vérité au point que nous nous surprenons en train de nous mentir  à nous-mêmes.

 Dans les rares moments de lucidité, on entend les politiques s’interroger, alors que c’est d’eux que sont attendues les solutions, les propositions, les orientations et les décisions, propres à changer la vie des gabonais.

 Il y a comme un refus de voir les réalités du monde dans lequel nous vivons, comme un refus d’envisager les réformes, parce qu’elles requièrent des efforts, des sacrifices qui peuvent gêner nos intérêts privés, notre petite sécurité matérielle qui, en fait, n’est qu’une illusion, un leurre.

 Voilà pourquoi devant l’épée du Gabon brisée, j’ai décidé de ramasser le morceau du côté du manche et de créer l’UPNR, une Nouvelle République, parce que dans celle que nous baptisons comme telle, beaucoup de signes avant coureurs montrent que nous nous écartons de ce mode de gouvernement. C’est quoi la République ? C’est le Gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple ! S’il est le gouvernement du peuple est-il par le peuple et en quoi est-il pour le peuple ?

 La République est un mode de gouvernement d’un Etat. C’est quoi un Etat ? Un Etat c’est trois choses, trois agrégats, disons :

1)     Une population ;

2)     Un territoire,

3)     Un pouvoir politique organisé.

 La façon dont nous gérons ces trois agrégats nous fait dire que nous sommes dans une République, et non dans une Monarchie rétrograde, ou dans une oligarchie, ou dans un régime où tout n’est que faux semblant, où tout le monde est réfractaire à l’effort, aux changements, pour conserver les prébendes et les faux avantages acquis, on sait comment ! Je dis faux avantages, parce que, lorsqu’on prend des risques avec un bien aussi précieux que la liberté, on s’enferme dans la maison en jetant la clé par la fenêtre, laissant à ceux qui sont dehors, le soin de nous délivrer s’ils le veulent bien.

 Dans un Royaume où il y a un esclave, les Rois ne sont pas libres. Dans notre Royaume, il y a beaucoup d’esclaves. Ceux de la faim, ceux du chômage, ceux de la mauvaise santé et ceux de l’ignorance. C’est connu, un homme qui a faim n’est pas libre. Un homme qui ne travaille pas n’est pas libre. Un homme ignorant n’est pas libre.

 La maison Gabon est entrain de jeter dehors ses clés après avoir fermé toutes les portes à double tour et barricadé les fenêtres à l’extérieur et ce sont les autres qui doivent décider de notre sort !

  Les autres ? Lesquels ? Les Français parce qu’ils nous ont colonisés et donc tout ce qui nous arrive est de leur faute ! Oh que non ! N’attendons pas d’eux qu’ils nous délivrent. Les Français estiment que nous sommes des incapables et nous traitent  comme tels.

Les autres ? Les Marocains, parce qu’ils nous offrent leur amitié. Nous nous faisons tout simplement les esclaves de nos amis, si nous ne prenons pas garde, cette belle amitié va être gâchée par les frustrations que nous sommes entrain de causer.

 Les autres ? Les Chinois, parce qu’ils nous offrent leur amitié, et nous voulons qu’ils cherchent pour nous, comment nous devons exploiter nos matières premières, au gré de leurs intérêts et de leur vision, la forêt, le fer de Belinga, c’est selon ce que veulent nos amis chinois. Que ceux qui sont curieux aillent lire la convention Sino-gabonaise sur l’exploitation du fer de Belinga, que ceux qui ont les yeux regardent, comment sont exploités les permis accordés ou vendus à tour de bras aux chinois… Si nous n’y prenons pas garde, cette belle amitié va pâtir de notre renoncement à identifier et a défendre nos « INTERETS ».

 En retour, on nous offre des bâtiments sous contrat, où la part gabonaise n’est jamais payée. Cette part non-payé sera compensée par un nouveau contrat où la part gabonaise sera prise en charge par la chine. A l’école et surtout à l’école de la vie, l’on apprend qu’un Etat n’a pas d’amis, qu’un Etat n’a que des intérêts. Où sont donc ceux du GABON ?

 Quand nous parlons amitié, quand nous faisons risette, les autres parlent intérêts, intérêts stratégiques, plan de développement, vision de l’avenir. Ceci est symptomatique, quand les autres chefs d’Etat voyagent, le chef de l’Etat français en l’occurrence, son avion est rempli non pas de Ministres, il y en a au plus deux ou trois, le reste de l’avion est rempli par des hommes d’affaires qui vont chercher des marchés, des opportunités d’investissement, toutes choses au service des intérêts de la France.

 Je ne critique pas, je suis admiratif. Mais que Dieu m’excuse si ma mémoire me trahit, en dehors des Ministres et autres grands commis de l’Etat, je n’ai jamais surpris un homme d’affaires dans l’avion de notre chef d’Etat, qui pourtant le voudrait bien. Mais nous qui programmons ces voyages, nous avons peur que les hommes d’affaires ne viennent gêner les Ministres. Mais où sont ces hommes d’affaires ? Dans ce pays si vous vous intéressez aux affaires, vous êtes une affairiste.

 Les autres ? Ce sont nos frères ouest-africains, les Libanais et autres syro mauritaniens. Devant le désert d’imagination, le désert de volonté, de volonté politique, désert de fierté nationale des gabonais, ces autres s’arrogent le droit de tout faire à notre place, je dirai à nos lieux et places.

 Car, rien ne va dans aucun domaine, cependant, en dehors de MAYILA, je n’ai jamais entendu un responsable dire en public, ce qui va mal dans tel ou tel domaine.

 Pour la plupart de mes collègues tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, Madame la Marquise. C’est MAYILA qui voit le mal partout, il ne veut pas se taire, alors que l’argent n’aime pas le bruit, il ne veut pas manger en silence, alors que la mort est contagieuse.

 Histoire de dire, contentons-nous de manger, ce qui arrivera demain, nous nous en lavons les mains. Alors, il faut mater MAYILA par tous les moyens. Aucun poste n’est bon pour lui, car il trouvera toujours le moyen de vouloir créer, changer, dénoncer et, comble de malheur, critiquer !

 Alors dès qu’on parle de changement, on vous soupçonne de vous préoccuper de la succession, sujet tabou, angoissant, il faut tuer tous ceux qui en parlent. Mais ceux qui font mine de ne pas y penser, ne pensent qu’à çà et de façon morbide…

 Mais moi, je parle du présent. C’est aujourd’hui, Monsieur le Président, que nous voudrions que vous nous gouverniez autrement. C’est aujourd’hui, qu’il faudrait nous orienter sur les chemins de l’avenir, du progrès, des libertés et du bien-être.

 L’inquiétude pour l’avenir, c’est de savoir ce que nous laisserons à ceux qui viendront après nous. Quelqu’un peut nous dire ce qu’est devenu le fonds pour les nouvelles générations.

 C’est aujourd’hui, Monsieur le Président, que nous vous supplions de demander à votre gouvernement de nous gouverner ! Tracez-nous des politiques, s’il vous plait, dans chaque domaine, afin que vos actes pour le Gabon trouvent des cadres pour les développer et les promouvoir, afin que vos actes pour le Gabon, trouvent des ACTEURS ! Des actes oui, mais où sont les ACTEURS ?

 Prenons la culture.

 Ce domaine qui nous permet d’être-nous, de nous donner une identité, car tout part de là. Qui sommes-nous ? Avant de nous poser la question de savoir où allons-nous, dans cette compétition où nous ne pourrons jamais éviter la comparaison.

Au Sénégal, lorsque le Président Senghor était aux affaires, le budget du Ministère de la Culture était le plus important et dans l’ordre protocolaire, le Ministère de la Culture avait une place de choix.

Aujourd’hui, vous avez au Sénégal, des musées, des bibliothèques, des troupes nationales et la promotion des lettres et des arts est assurée. Les résultats sont là. C’est nous qui envoyons nos enfants se former au Sénégal, et le Sénégal nous inonde des professeurs, dans tous les domaines. Tout a suivi !

 Est-ce que vous savez que dans les autres pays, les artistes sont protégés ? Il y a des musiciens payés par l’Etat, des créateurs subventionnés, des œuvres d’arts protégés. Voilà une politique culturelle.

 Où sont nos musées, où sont nos bibliothèques, où sont nos centres de loisirs, où sont nos maisons de la culture ?

 Que faisons-nous pour que l’artiste vive de son art ?

A Libreville, quand vous accompagnez un étranger dans ce qui nous sert de musé, vous n’avez qu’une seule envie, celle de fuir devant la pauvreté, le manque d’organisation et de sérieux dans ce qui peut être considéré comme notre première vitrine. Quand allons-nous engager avec la France, des négociations pour le retour au pays de toutes nos œuvres d’arts ? Ce qui est valable pour la France l’est aussi pour les Etats-Unis et tous les pays qui ont donné asile à toutes nos créations artistiques. Pour cela il faut les remercier !

 En France, le Général de Gaulle avait son André Malraux, le Président François Mitterrand son Jack Lang et la culture française brille de tous les feux. On peut même se permettre de parler de « l’exception française ».

 Chez nous, le Président Léon MBA avait son Vincent de Paul NYONDA et nous avons assisté à la naissance de ballets, de troupes théâtrales, de musées des arts et traditions, de l’organisation de compétitions artistiques. S’il vous plait, dites-moi qui a vu la prestation de la délégation gabonaise au festival des arts nègres à Dakar !

 Aujourd’hui, il a manqué et il manque au Président Omar Bongo Ondimba, un Malraux, un Jack Lang ou un Nyonda. Il a failli avoir un Jean Emile MBOT. Dans cet environnement de pauvreté et du peu de cas fait à la culture, Jean Emile MBOT n’a pu que constater et citant un célèbre devancier, il a dit : « J’ai joué de la flûte sur la place du marché, mais personne ne m’a entendu. »

 Mon Cher Jean Emile, comme ils sont nombreux dans tous les domaines, ces joueurs de flûte sur la place publique, et que personne n’entend !!

Et vous me demandez pourquoi une Nouvelle République ?

 Un Parti Politique non seulement définit un projet de société, mais il doit définir les chantiers prioritaires de son action politique.

L’Union Pour la Nouvelle République doit ouvrir des chantiers qui organisent son devenir pour créer une société qui donne des repères à chaque Gabonaise, à chaque gabonais.

 Le 1er chantier sera la Culture : Revaloriser l’identité culturelle nationale, protéger et développer le patrimoine culturel, protéger et promouvoir les artistes nationaux dans tous les domaines.

Créer des centres culturels, des maisons de la culture dans tous les arrondissements, dans tous les chefs lieu de département et partout où le gabonais doit prendre conscience de ce qu’il est.

 Créer un grand musé des arts et traditions à Libreville. Une grande bibliothèque nationale parce que liée à la conservation de notre culture et de notre patrimoine.

Créer un centre national des archives à chaque échelon provincial, communal, départemental. Le musé national doit avoir des démembrements dans chaque chef lieu de province, dans chaque chef lieu de département, pour célébrer la culture à chaque échelon de l’organisation administrative et politique.

 Notre théâtre doit être revalorisé par la création de ballets au plan national et provincial. Des manifestations doivent de manière cyclique célébrer la culture.

Un Ministre de la culture ayant le rang et les moyens d’animer cette politique, doit tout mettre en œuvre pour rapatrier au Gabon notre patrimoine culturel, mener des négociations et établir des relations avec l’ancienne puissance coloniale, pour reconstituer le patrimoine éparpillé de par le monde.

L’école des arts et de manufacture, tout comme les instituts à créer, doivent participer à la formation, au recyclage des artistes dans tous les domaines.

 

Prenons l’éducation.

 Surtout que Jules ferry ne se retourne pas dans sa tombe, quand on ose parler de l’éducation dans notre pays …

 Voila un secteur clé laissé sans moyens conséquents, sans orientations, sans plan de développement, sans projection dans l’avenir…

 Pendant près de dix ans, j’ai été Ministre de l’éducation nationale. J’ai interrogé les Gabonais sur l’école qu’ils voulaient, j’ai organisé et animé «les Etats Généraux de l’Education et de la Formation. »

Où en sommes nous aujourd’hui ? Combien d’instituteurs avons-nous formés, combien de professeurs, d’éducateurs spécialisés, de formateurs avons-nous formés ? Dans quel état se trouve notre Institut Pédagogique national ? Quels sont les contenus des programmes dans toutes les sections depuis la maternelle ?

 Aujourd’hui nos plombiers, nos électriciens, nos maçons, nos mécaniciens, sont ou des maliens ou des Burkinabés ou des marocains, et j’en passe ! Faut-il le regretter ? Oui parce que les Gabonais ne prennent pas la relève. Même les femmes qui vendent les gâteaux et les arachides, aux coins des rues, sont ou maliennes ou camerounaises comme celles qui vendent la banane au marché, même les rares bananes produites au Gabon. Et vous me demandez pourquoi une nouvelle République !

 Notre pays avait, dès l’indépendance, amorcé une politique éducationnelle ambitieuse. À un certain moment, le Gabon affichait un taux d’alphabétisation de 85%, des efforts considérables avaient été consentis dans les 3 ordres d’enseignement : primaire, secondaire, supérieur. En 1983 lorsque j’ai organisé et animé les états généraux de l’éducation et de formation, les objectifs du gouvernement étaient les suivants :

 1-     Atteindre un taux d’alphabétisation de 100% ;

 2-     Accélérer la formation des formateurs pour réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur ;

 3-     Atteindre l’adéquation entre la formation et l’emploi ;

 4-     Assigner un rôle prépondérant à l’institut pédagogique national pour créer des outils de formation, définir le contenu des programmes au primaire d’abord, au secondaire ensuite et voir la problématique de l’adéquation des programmes extérieurs au niveau supérieur ;

 5-     La tâche prioritaire aujourd’hui c’est de réorganiser les niveaux pré- primaire, primaire, secondaire, en créant un service national d’éducation, c’est-à-dire des barèmes qui s’imposent à tout le monde, exiger et contraindre l’enseignement privé à adopter les normes nationales en matière de progrès, de volume d’enseignement, de ratios d’élèves par classe et par section. Ce n’est qu’a cette condition que l’on peut progressivement supprimer le Concours d’Entrée en Sixième.

 Au niveau supérieur l’application du système LMD (Licence-Maîtrise-Doctorat) doit s’organiser et se poursuivre dans une grande rigueur.

 Les grandes orientations qui ont été dégagées pendant les Etats Généraux de l’Education et de la formation, doivent être reprises, notamment la formation  des Maîtres.

 Un grand chantier doit être ouvert avec la France pour nous fournir des enseignants en nombre et en qualité pour la formation des homologues. S’il y a un domaine où le mot d’ordre Gabon d’abord doit s’appliquer, c’est bien celui de l’éducation, partageant cette priorité avec la culture et l’agriculture.

 

Prenons la santé.

 Nous avons la meilleure école de médecine du continent, mais que faisons-nous de nos produits sortis de cette école ?

 Les médecins de Fougamou à Iboundji ou d’autres centres reculés sont congolais ou maliens, les nôtres, sous-employés, sont entassés à Libreville. Nous n’avons pas de politique de santé. Former un médecin par-ci, un infirmier par-là, importer un médicament par-ci, des compresses par-là, n’est pas une politique de santé. Une politique de santé devrait prendre en compte, la formation, l’utilisation, le suivi, l’encadrement de toutes les ressources humaines dans ce secteur vital.

 A propos de politique de santé, vous lirez avec profit plus loin, ce que j’écrivais à un Premier Ministre après son discours de politique générale.

 

Prenons l’économie.

 Le lieu de tous les naufrages et de toutes les expérimentations hasardeuses. Le budget, surtout ne pleurez pas, n’est même plus un instrument de gestion. Son élaboration se fait en vase clos, les conférences budgétaires ne sont plus que de simples formalités. Son exécution au petit bonheur la chance. Modification, remaniement, retouche à un point tel que les Ministres ne savent plus de quels moyens ils disposent pour mener telle ou telle politique, pour poser tel ou tel acte. Le reste doit être résolu par le hors budget. Le Ministre des Finances est une véritable virtuose ! Je le félicite.

 D’ailleurs les Ministères sont à tel point saucissonnés qu’entre les secteurs ou dans le même secteur, les actions se mêlent, s’entremêlent, se confondent ou se contredisent. Allez faire une différence entre les politiques menées par le Ministre des affaires sociales et le Ministre de la Famille ou entre le Ministre de la santé et le Ministre de la Lutte contre le Sida ou des orphelins du Sida etc.

 Comment repartir les ressources dans un tel fouilli ? Allez parler dans ces conditions d’efficacité de la dépense ! Là on n’a pas besoin d’être contre quelqu’un pour reconnaître que çà ne va pas ! Les différents plans ou redressements structurels sont là pour nous le rappeler !

 D’ailleurs tous les Ministres chargés de l’économie, des finances, ou du plan, ne sont responsables que pendant une partie de l’année. Quand arrivent les fêtes tournantes, les Ministres des finances, du Plan, des Travaux Publics, sont dessaisis au profit des autorités politiques de la province où se déroule la fête tournante. Ce sont eux qui deviennent compétents dans ces domaines. Ce sont eux qui passent les marchés, choisissent les entreprises, décident des réalisations, évaluent les coûts, mais bien sûr, très souvent ne s’oublient pas au passage. Est-ce que là, il faut être contre quelqu’un pour reconnaître que ce n’est pas normal. Dès que les critiques arrivent alors on va chercher le Ministre des finances, on va chercher celui des Travaux Publics, dès qu’on regrette l’absence de routes ! Mais au fait, c’est quoi le FER ? I et II. Que fait le FER et que fait le Ministre des Travaux Publics ? Qui contrôle qui ? C’est là, la confirmation que les Ministres ne sont pas ceux de la République, mais les représentants des provinces, des départements, des villages et surtout des ethnies. Un Ministre fang ne représente pas les punus, un Ministre punu ne représente pas les bandjabis, Un Ministre gisir ne veut rien savoir des bavungu et j’en passe.

 Et vous me demandez pourquoi une Nouvelle République ?

 Dans un domaine qui naguère, fit notre fierté, l’Unité Nationale, mon Dieu quelle régression de cette unité dans ce pays qui a connu des Ministres français, dans ce pays où un Jean Hilaire Aubame pouvait se présenter comme député du Woleu Ntem, dans ce pays ou Jean Stanislas Migolet pouvait se présenter pour être député de Port Gentil, dans ce pays ou un Pierre Claver Divungui ou Madame Piraube, ont été avec succès maires de Port Gentil, dans ce pays ou un Lassy sujet congolais a été maire de Libreville, ou un Valentin Mihindou mi Nzamba a été président de la délégation spéciale de Libreville, loin de sa Nyanga natale !

 Aujourd’hui tout ceci est relégué au rang de souvenirs.

 Dans ce pays, dis-je, avec des larmes aux yeux, dans ce pays il n’est plus possible à quelqu’un qui n’est ni Fang ni myenè d’être maire de Libreville. Il n’est plus possible à quelqu’un qui n’est pas de l’Ogooué Maritime d’être responsable d’une grande entreprise à Port Gentil ou de prétendre diriger la Mairie de la ville la plus cosmopolite du Gabon. Dans ce pays, c’est devenu un délit de voir un fang du nord député à Gamba, dans ce pays, oh misère !

 Ne songez surtout pas, quel que soit vos compétences, vos talents, ne songez pas, un jour, à diriger le gouvernement de ce pays, si vous n’êtes pas un fang de l’Estuaire et de préférence d’une certaine famille…

Et il y en a qui me demandent pourquoi une nouvelle République !

 Dans celle que je sers depuis plus de trente trois ans, toutes ces négations des principes républicains s’appellent géopolitique. Le mot est lâché, voilà le drame. Commençons par changer cette constitution non écrite.

 

L’Agriculture :

 Par principe, un pays n’est indépendant, ne peut se dire indépendant, ne peut prétendre à une véritable indépendance, que s’il peut s’auto-suffire sur le plan alimentaire.

 Le Gabon, par sa taille, par sa situation géographique, par son climat, par sa population, pouvait et doit prétendre à l’auto-suffisance alimentaire. Généreusement dotée par la nature, en introduisant une agriculture active et variée, un élevage intense et varié, combiner tout ceci avec les dons de la nature, pouvait mener le Gabon à atteindre l’auto suffisance alimentaire.

 Les produits du cru, manioc, banane, igname, tarot, cultivés avec des méthodes modernes, peuvent non seulement suffire à notre population, mais pouvoir être exportés pour nous ramener des devises.

 

La Pêche :

 Avec 8000 km de côtes, arrosées par les cours d’eau très nombreux, le Gabon par sa pêche doit être un pays exportateur de poissons. Le malheur voudrait que ce soit d’autres armateurs que nous ne contrôlons pas, toujours avec la politique de nos amis, qui viennent pêcher chez nous, pour nous vendre notre propre poisson et l’exporter sous le quota de ce pays.

 Nos ressources halieutiques judicieusement exploitées, doivent nous mettre à l’abri de l’importation de ces produits.

 Le principe général est que le Gabon doit être à mesure de nourrir sa population, la culture de riz dans la Ngounié et la Nyanga et les autres provinces propices à celle-ci doit être reprise.

 Le Woleu Ntem doit retrouver sa vocation agricole avec une aide massive aux populations, un encadrement de qualité et doter l’agriculture et le paysan d’un statut qui le protège et lui assure cette protection dans tous les domaines.

Chacune de nos provinces doit avoir une spécificité qui la caractérise dans la culture, l’agriculture, la production, faire de notre diversité une richesse. Parce qu’elle est une richesse.

 

La Défense :

 Dans ce monde de compétition, le Gabon doit se doter d’une défense en proportion avec les menaces éventuelles, mais notre taille, notre environnement doit inciter le Gabon à se doter d’une armée de métier, qui doit être complétée par la circonscription.

 Les appelés doivent se former au contact des militaires de métier. Ces militaires de métier ne doivent pas être envoyés à la retraite selon les règles conventionnelles. On doit pouvoir les garder jusqu’à 55 ans,  et plus ils avancent en âge, plus ils seront affectés aux tâches de formation, d’éducation, d’instruction.

 La circonscription est nécessaire pendant une période parce que le drapeau renforce le sentiment national. Au moment où nous n’avons plus des internats nationaux, où se tissaient les amitiés et les liens de solidarité. L’armée doit devenir le creuset, le ciment, elle doit renforcer le sentiment d’appartenir à une même nation, une même patrie à défendre jusqu’au sacrifice suprême.

 

Parlons de la justice.

 Mon Dieu la justice !  Allez voir comment fonctionnent nos tribunaux, dans quelles conditions travaillent nos magistrats, quand d’autres ne sont pas tout simplement laissés pour compte et s’occupent comme ils peuvent dans des domaines où ils n’ont pas été formés, se détournant de la dignité, de l’honneur qui doivent entourer l’exercice de leurs fonctions. A regarder de plus près, on y découvre de vertes et de pas mûres. Dans ces conditions demandez aux investisseurs de venir prendre des risques dans cette jungle juridique.

 De tout ceci ou de tout cela, il y a des conséquences. Les fonds communs, une des bases du mal gabonais…Tous les Ministères sont devenus financiers, créent des caisses et dotent leurs agents de fonds communs, naguère réservés aux douaniers et autres agents des régies financières.

 Ces fonds communs ont même été étendus jusqu’aux Ministres. Avouez qu’il est difficile de faire plus fort. J’ai entendu un jour, un Premier Ministre évaluer à soixante dix, le nombre de caisses. Moi qui suis resté sur le principe de l’unicité de caisse appris sur les bancs de l’université, tout ce qui revient à l’Etat devrait d’abord aller dans la caisse de l’Etat.

Nous qui aujourd’hui n’avons plus qu’un Ministère de la Recette et de la Dépense, devrions regarder de plus près ces questions, ainsi que le souci de faire rentrer tout l’argent que l’Etat n’arrive pas à encaisser.

 Nous comprenons aussi que ceci n’intéresse personne car si un jour ce pays meurt, ce ne sera pas de manque d’argent, mais de trop d’argent, mal utilisé.

Et vous me demandez pourquoi une Nouvelle République ?

 Mais des esprits plus exercés me demanderont, mais quand tout ceci s’est passé ou quand tout ceci se passe MAYILA était où ? Je réponds MAYILA était de la partie, collaborateur du Président BONGO ONDIMBA, membre de plusieurs gouvernements, dans les postes les plus divers, dans des responsabilités les plus variées. Dans ce triste tableau, dans ce tableau peu reluisant, MAYILA réclame sa part de responsabilité.

Il ne suffit pas de dénoncer, de se mettre à l’écart et pointer un doigt accusateur en disant : « l’enfer c’est les autres. »

 Voilà pourquoi l’Union Pour la Nouvelle République ne peut se situer que dans la Majorité Présidentielle, pour répondre avec les autres de ce qui a été mal fait, mais aussi partager le bénéfice de ce qui a été bien fait. Aller dans l’opposition serait une trahison. Une dérobade. Aller dans l’opposition serait fuir l’obligation et le devoir d’inventaire.

 Voilà pourquoi MAYILA, sans faux fuyant, à haute voix, et à chaque occasion, ne manque pas de dire :

  « Notre action est vue de l’intérieur comme de l’extérieur, ayons le courage de nous remettre en cause, de modifier ce qui peut l’être, de changer ce qui doit l’être, d’innover là où l’évolution du Gabon, de l’Afrique et du monde l’exige pour que nous soyons aptes, à relever les défis de notre temps ; d’où le plus grand compte qu’il faut tenir du concept de Refondation de l’Etat. »

 MAYILA est prêt à prendre sa part de responsabilité, à participer avec les autres à la place qui est la sienne, ou qu’il voudrait être la sienne, il est prêt à participer aux propositions, aux orientations, aux changements qui sont de nature à corriger ce qui doit l’être.

 L’Union Pour la Nouvelle République est une force de proposition, une force de suggestion, une force avec laquelle on est obligé de compter pour un débat politique régénérateur de nouvelles valeurs pour la nouvelle République.